Evolution de l’action publique locale : quelle place pour les associations ? – n°23

Crises, décentralisation, réformes territoriales, nouveaux modes de management public : le contexte actuel implique un repositionnement des acteurs qui conçoivent l’action publique sur les territoires. La crise démocratique et la défiance croissante vis-à-vis des institutions supposent de réinventer un éco-système d’acteurs d’intérêt général donnant toute sa place à la société civile. Aux côtés des pouvoirs publics, les associations, porteuses d’initiatives citoyennes, ont un rôle majeur à jouer dans cette recomposition. Dans une société devenue plus horizontale, réactive et mobile, la puissance publique ne peut à elle seule répondre à la multiplicité et à la complexité de besoins croissants et prétendre définir, incarner l’intérêt général : elle doit faire alliance avec les associations.Cela passe par une clarification du cadre partenarial entre associations et pouvoirs publics. Dans le prolongement de la Charte des engagements réciproques, signée en 2014 entre l’Etat, les collectivités territoriales et le Mouvement associatif, la circulaire du Premier ministre– très attendue – en réaffirme les principes. Parce que ce cadre pose les fondements de la co-construction d’une action publique propice à l’émergence et au soutien des projets associatifs, ce texte mérite d’être approprié largement. Quant à la réforme territoriale en cours, elle offre une belle occasion de mettre en œuvre ce chantier de la co-construction, en allant au-delà du simple redécoupage des géographies et des compétences. Encore faut-il que les acteurs acceptent certains changements de postures et de culture. Les pouvoirs publics oseront-ils abandonner leur penchant prescripteur et leur fascination gestionnaire ? De leur côté,les associations parviendront-elles à ne pas céder aux pressions normatives et à la passivité ? C’est en affirmant leurs positions, en faisant valoir leurs droits d’alerte, en négociant des propositions alternatives au sein d’espaces de concertation, qu’elles prendront part à l’innovation territoriale dans le cadre d’une démocratie revivifiée.