La Vie associative

Compétences bénévoles: faut-il les valoriser? – n°16

La Vie Associative - 16 - Compétences bénévoles

n°16. novembre 2011. Compétences bénévoles: faut-il les valoriser? - Nouvelle formule - Présentée comme un mode majeur de valorisation et de reconnaissance du bénévolat, expérimentée par un certain nombre d'associations et portée par les pouvoirs publics, la validation des compétences acquises dans l'engagement, au travers d'outils, référentiels et autres portfolios de compétences, paraît faire l'unanimité. L'étude, présentée dans cette revue, conduite avec le soutien du Conseil de développement de la vie associative, met en évidence combien cet unanimisme est trompeur.

Un sujet faussement consensuel

Par Nadia Bellaoui

Présentée comme un mode majeur de valorisation et de reconnaissance du bénévolat, expérimentée par un certain nombre d’associations et portée par les pouvoirs publics, la validation des compétences acquises dans l’engagement, au travers d’outils, référentiels et autres portfolios de compétences, paraît faire l’unanimité.

L’étude, présentée dans cette revue, conduite avec le soutien du Conseil de développement de la vie associative, met en évidence combien cet unanimisme est trompeur. D’abord, il semble que le sujet peut passionner les dirigeants bénévoles ou salariés, mais qu’il laisse les bénévoles plus froids, lorsqu’il ne suscite pas chez eux des réticences. Ensuite, l’approche du travail bénévole par les compétences participe d’une logique d’individualisation et de performance qui transforme le quotidien des bénévoles et met sous tension « l’esprit associatif ». Enfin, l’articulation entre valorisation des compétences et employabilité, lorsque l’on pense aux bénévoles éloignés du travail, pose la question de l’instrumentalisation du bénévolat et interroge le désintéressement.

Bien sûr, on n’apprend pas que sur les bancs de l’école. Les associations sont des lieux d’acquisition de compétences et cette fonction éducative et formatrice est largement sous-estimée dans notre société. Bien sûr, le diplôme initial conditionne beaucoup trop les parcours de vie et les associations peuvent (doivent ?) contribuer à changer cette situation injuste socialement et inefficace économiquement. Encore faut-il que la validation des acquis de l’expérience trouve un nouveau souffle dans notre pays, sinon l’expérience bénévole n’a que peu de chance d’ouvrir de nouveaux droits et de permettre une réelle réorientation professionnelle. Encore faut-il également appréhender, avec rigueur et sérénité, les effets qui en découlent sur le bénévolat mû, avant tout, par la « volonté bonne ». C’est tout l’objet de ce numéro de la Vie Associative, que je vous invite à découvrir et à discuter.

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